Les limites d’un certain co-blogging ?

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Petits règlements de comptes entre co-blogueurs. On assistait la semaine passée, sur un Blogue de Marketing Interactif, à la mutation d’un débat en mini-guerre intestine. D’un post visiblement anodin, qui interrogeait les lecteurs du blog sur l’intérêt d’une duplication des contenus entre les blogs des auteurs et le blog collaboratif, les différents co-blogueurs en sont arrivés à une joute rédactionnelle démesurée à mon sens en tout cas.

Résultat des courses : sale ambiance et départ d’une blogueuse tout à fait respectable mais dont l’erreur a été de faire preuve de trop de candeur ? Alors : doit-on y voir les limites d’un certain co-blogging ? Je ne vais pas spéculer sur le contexte puisque je ne fais pas partie du cercle des co-blogueurs du blog en question, que je ne suis que lecteur-spectateur et que l’information à laquelle j’ai eu accès n’est que la face visible de l’iceberg.

Quelques morceaux choisis pour bien palper l’atmosphère :

“Tant qu’à brasser de la merde et se faire chier dessus par des gens qui ont la mémoire courte, voici le commentaire que j’ai laissé sur le blogue de X.”
“Cessez de prétendre que vous ne faites pas d’autopromotion de vos services par ce canal et que vos idées sont uniques et concrètes.”
“Au lieu d’être plus catholique que le pape et jouer aux extrémistes entre nous, nous devrions plutôt nous efforcer à diffuser la bonne nouvelle…”
“Alors, allez-y les jeunes et amusez-vous avec cette plate-forme, moi j’ai bien d’autres chats à fouetter et d’autres polémiques à soulever.”
“Cessez de jouer les divas, vous n’êtes qu’une goutte d’eau dans l’océan, il y a mieux et il y a pire.”
Et enfin, le cri du cœur de l’auteur(e) du billet chahuté : “Je voulais juste impliquer les lecteurs et connaître leurs attentes et préférences. Je ne m’attendais pas à ce résultat. Je suis un peu déçue, car toute cette agressivité empêche la vraie discussion.”

Mon ressenti sur cette affaire

En tant que simple blogueur extérieur, parfois de passage sur ce blog aux idées intéressantes, j’ai plusieurs constats et remarques à formuler a posteriori sur le co-blogging tel qu’il m’apparaît sur ce Blogue de Marketing Interactif :

Je n’ai jamais laissé de commentaire sur ce blog. Pourquoi ? Non pas que l’envie m’ait manquée, simplement parce qu’il fallait se loguer pour donner son avis, en tout cas jusqu’au mois de mai 2008. Un peu rétrograde pour un blog quand même, voire à contresens du principe du blogging. On ne crée pas de blog si l’on souhaite contrôler totalement le flux des informations qui y circulent, voire empêcher un libre dialogue.

S’adresser aux lecteurs n’était visiblement pas une bonne pratique, ce qui confirme mon impression d’élitisme sur ce blog.

Pourquoi se renvoyer des posts vulgaires au visage, en public, surtout entre personnes respectables ? C’est une attitude qui dépasse toute mesure et qui laisse supposer que des intérêts personnels sont en conflit, entre éditeurs, en dehors même du cadre du blog collaboratif.

Que retenir de tout ça?

Au-delà de ces quelques réflexions, d’autres leçons importantes sont à retenir : d’une part, qu’entre un face-à-face et une publication virtuelle, la différence est énorme. Un ton mal interprété, un sujet mal anglé, et le message peut prendre une tournure inattendue ; online, chaque mot doit être réfléchi : “Le sarcasme passe mal dans l’écrit (si c’était du sarcasme) et j’ai déjà payé très cher pour avoir écrit des choses qui dans le fond, étaient le contraire de ce que je pensais” (l’une des co-blogueuses). D’autre part, que le co-blogging dans un contexte professionnel ou élitiste est périlleux.

J’ajouterais enfin que toute personne qui s’exprime sur le Web doit être prête à en prendre un peu pour son grade sans partir en vrille. Il m’est moi-même arrivé d’être un peu échaudé par certains commentaires, sans perdre de ma diplomatie. Bordel, le Web 2 est un dialogue.

Je laisse le mot de la fin à un collègue qui a intelligemment résumé la “faille” de ce co-blogging d’un genre particulier : “C’est tout de même un signe des temps qu’un simple lecteur puisse, aujourd’hui, se permettre de critiquer ouvertement les choix éditoriaux d’un blogue collectif en commentaire, y provoquer un méta-débat éditorial en public et engendrer un tel bordel que plusieurs collaborateurs s’en retirent tandis que les autres sont dans leurs petits souliers. Réveillons-nous, le consommateur a désormais le dernier mot.”

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